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Journal de bord "Le Temps du Regard"
N°28 - 4 mai 2020

Au temps du Coronavirus
La phrase du jour
" Jamais jamais, n'abandonnez jamais"
W Churchill
Des nouvelles de nous
Quel dé-confinement pour le Temps du Regard ?
 

Au regard des dernières directives gouvernementales et des recommandations de l’Agence Régionale de Santé (ARS), nous allons pouvoir mettre en place des visites pour les familles des résidents hébergés aux Huniers, à la Cour aux Bretons et aux Haubans.
Ces visites seront possibles à compter du Mardi 12 Mai.
Vous recevrez prochainement un courrier explicatif à ce sujet avec un protocole d’accès au lieu de vie en toute sécurité. Vous pouvez dès à présent vous rapprocher de Mr Lucas, chef de service des hébergements, pour plus d’informations en contactant directement les services.
 
Le Temps Du Regard a fait le choix de ne pas rouvrir ses accueils de jour le 11 Mai, date nationale du déconfinement annoncée à ce jour,
car il nous est actuellement impossible de mesurer les risques sanitaires d’une telle procédure.
Pour autant, nous envisageons (si la date du 11 Mai est confirmée) de proposer un temps d’accueil aux Acanthes, à Pacé, le mercredi 20 mai.
Pour laisser aux services le temps de réorganiser l’accueil des personnes.
Cette journée permettra à un nombre très réduit de personnes (5 à 6 maximum) de trouver un relais en dehors de leur domicile pour un temps court. 
Les propositions seront adressées individuellement aux personnes accompagnées.
Les personnes qui pourront profiter de cet accueil devront être en capacité de respecter rigoureusement les mesures sanitaires imposées par l’ARS.
Ce premier temps d’ouverture nous permettra d’évaluer la faisabilité d’un accueil plus important.
Nous vous tiendrons ensuite informés au fur et à mesure de l’évolution de nos possibilités.
Parallèlement, sachez que nous maintiendrons, jusqu’à un retour à la normale, les services d’appels téléphoniques réguliers et les visites aux domiciles par nos professionnels.
Nous vous invitons à contacter directement Mme Lemant, cheffe de service des accueils de jour, pour toutes vos questions au : 07.57.50.00.71.

Marie Maudieu, directrice 
Information : J-3 avant la fin du journal de bord
Le déconfinement (progressif) est annoncé pour le 11 mai, ce qui nous a décidé à arrêter la diffusion de notre lettre quotidienne le vendredi 07 mai.
Bien entendu, nous continuerons à vous donner de nos nouvelles, mais à un rythme moins soutenu !
La suite du conte, "le pangolin et le pingouin lent", sera publiée sur le site internet du Temps du Regard.
Merci d'avoir été, nombreux et fidèles à cette initiative provoquée par ces circonstances exceptionnelles.
Merci à tous ceux qui ont contribué notamment par leurs messages à cette dynamique.
Des nouvelles de vous

Bonjour,
Je m'appelle Eve, j'ai 23 ans et je vais bientôt rejoindre votre équipe ! 
J'aurai dû vous rencontrer en mars, mais malheureusement cela n'a pas pu être possible à cause de ce fameux Covid-19. 
Cette année, j'ai décidé de faire un service civique. Je vais aider Ludivine dans les missions de communication et d’animation. J'en suis très heureuse.
J'ai terminé mes études en septembre. J'ai fait un master dans le domaine culturel. Cela m'a beaucoup plu. 
Ce service civique sera l'occasion d'avoir une première expérience professionnelle dans le domaine qui me plait.

Comme je n'ai pas pu commencer ma mission avec vous en mars, je me suis proposée en renfort à l'hôpital en tant que brancardière. 
À côté de ça, je suis retournée vivre dans ma maison de famille. Là-bas, je ne suis pas toute seule. Il y a un petit jardin. Je jardine beaucoup et j’essaye aussi de me mettre au yoga derrière mon écran.
Ma mission au CHU de Pontchaillou a pris fin le 30 avril et le 11 mai je serai enfin dans vos locaux. J'ai hâte !

Je suis fière de pouvoir vous écrire et me présenter grâce à cette belle newsletter. Ce journal de bord est super. Ça fait plaisir d'avoir des nouvelles de tout le monde ! Je suis contente que personne ne soit malade. Et heureuse de voir que la vie continue et s'organise différemment.
On ressent beaucoup de solidarité ! C'est chouette ! Même si certains aimeraient pouvoir retrouver leurs habitudes.. 
J'imagine que ça n'a pas dû être simple pour le personnel ainsi que pour les résidents de se réorganiser comme ça du jour au lendemain... Bravo !
Au plaisir de vous rencontrer, (le plus vite possible je l’espère !)

Eve

Deux chapitres du conte : Le Pangolin et le Pingouin lent
Une oeuvre littéraire débutée au premier jour du confinement par Albert Lemant, artiste écrivain et illustrateur. A l’origine, ce texte a été pensé pour distraire ses petits-enfants mais tout ce qui est partagé fait du bien ! 
Chapitre 39.

«  Tu veux savoir ce que je fais par ici ?… Je pourrais te retourner la question, Fille-de-la-Toundra, commença Tulurgglurkuk, qu’est-ce qu’une femme comme toi fait ici toute seule ? Tu n’as pas de famille ? Pas d’époux ?...
«  Des poux ?  Quelle horreur ! rétorqua Tanarak, naaaaan je n’en ai pas ! Mais toi tu dois en avoir plein des poux, et des puces aussi !…Et puis je ne suis pas toute seule, j’ai ma louve…Un proverbe de mon clan dit : «  Il vaut mieux être deux que mâle accompagnée ! » Et bien c’est mon cas, je suis accompagnée de ma louve, et je m’en porte très bien !...

« Qu’est-ce qu’une poulette comme toi fait ici toute seule ? Tu n’as pas de mâle dominant avec toi ? demanda, avec son air le plus décontracté possible, Chien-qui-pète à la chienne blanche.
Le coup de patte qu’elle lui décocha le fit hurler de douleur.
« D’abord triste imbécile, je ne suis pas toute seule, j’ai mon humaine avec moi !
Deuxièmement c’est moi la femelle dominante, il va falloir que tu te mettes ça dans ta vilaine caboche ! 
Et enfin troisièmement, s’il te plaît…VA PETER PLUS LOIN !!!!!! »

Tulurgglurkuk n’avait pas vraiment l’habitude de discuter avec une femme. 
Il n’avait pas vraiment l’habitude de discuter avec  un homme non plus d’ailleurs. Ce petit échange le laissait perplexe, cette Tanarak n’était pas désagréable, un peu brute certes, mais il ne savait pas trop quelle attitude adopter avec elle. Devait-il continuer à converser de tout et de rien pendant des heures ? Ou devait-il, comme il en avait entendu parler lors de réunions de vieux chasseurs, la saisir violemment par les cheveux, la suspendre par les pieds à une branche de sapin, la laisser hurler pendant des heures puis la fouetter avec des branches de sauge en poussant des chants guerriers ? 
Tanarak ricana. 
« La première solution me semble plus adaptée à la situation, dit-elle.
«  Ahhhh…Tu lis dans mes pensées Fille-de-la-Toundra ! dit Tulurgglurkuk confus, très bien… tu préfères donc discuter de tout ?...ou discuter de rien ?.... 
« Ne sois pas plus stupide que ton chien ! Je crois que ni toi, si tu es bien celui que je crois, ni moi, n’avons de temps à perdre…Nous sommes tous deux en chasse il me semble…
«  Comment ça ?
«  Figure-toi que j’ai un certain don de double-vue, c’est une autre particularité de mon clan…Et ma double-vue m’a doublement dit que tu étais sur les traces d’un certain pingouin, est-ce vrai ? 
«  Ma foi oui ! dit interloqué Tulurgglurkuk, décidément tu es une drôle de femme ! Mais toi, que cherches-tu ?
«  Qui cherches-tu, tu veux dire ! En vérité c’est une curieuse histoire…

« Comme toutes les filles de mon clan je suis une chasseuse d’ours blanc. Il y a une semaine de ça je pistais avec ma louve un grand mâle sur une portion de banquise où je savais qu’il se cachait. 
Soudain il est là, derrière un monticule de glace. Je le sens, je l’entends, je retiens mon souffle, j’arme mon arc, je perçois le souffle de la bête, il sort, je vais décocher ma flèche…Et là, je ne peux pas tirer…
«  Mais pourquoi ?
« Parce que…Tu as déjà vu un ours polaire à la fourrure blanche entièrement rayée de noir, toi ?... Moi jamais !…»

Chapitre 40.

« Le vent est un merveilleux musicien…
Plus fort que n’importe qui, jamais à court de surprise, jamais là où on l’attend, il saute d’une note à l’autre comme un wallaby saute d’un buisson à un autre, mais le wallaby s’arrête pour manger, pas le vent, le vent ne mange pas, ne boit pas, ne dort pas, il fait de la musique, aujourd’hui, il joue avec les vagues.
Et moi Billiwong Billidong, je l’accompagne… »

Il n’avait pas fallu longtemps à Billiwong Billidong pour s’habituer à tenir en équilibre sur le dos de Lulu la tortue luth. Au départ, forcément, l’apprentissage s’était soldé par quelques belles chutes dans les rouleaux. Le plus dur avait été de passer la barrière de corail mais Lulu était un bon professeur et Bongbongbong, comme elle l’appelait, était un bon élève.

Accoutumés à courir sur toutes sortes de sable, ses pieds avaient pourtant eu bien du mal à contrôler cet élément imprévisible qui s’enroulait autour de ses jambes au pire moment, qui s’ingéniait à vous emporter au loin, qui vous rentrait dans la bouche, le nez, les yeux et qui vous faisait comprendre que le maître ce n’était pas vous, mais elle, l’eau !...
Et l’eau ne se tenait jamais tranquille. Parfois immobile comme un crocodile qui faisait semblant de dormir elle pouvait en une fraction de seconde devenir aussi menaçante qu’un volcan avec des vagues comme des coulées de lave plus hautes que les nuages et des tourbillons qui vous avalaient plus rapidement que les pires sables mouvants des marais du Queensland.
Cette eau-là, il avait réussi à l’apprivoiser.

Et puis il y avait le vent. 
Ce vent n’avait rien à voir avec celui du désert. Il était terrible le fameux Willy-Willy, le vent de son désert, mais il le connaissait bien, il n’avait jamais eu peur de ce typhon de sable qui descendait en rafales, emportait tout sur son passage, sauf lui, et à qui il devait en partie son nom. 
Mais ce nouveau vent-là, ce vent joueur et indomptable, ce vent musicien chargé de millions de gouttes d’eau cristallines comme autant de notes discordantes, ce vent dont la mélodie lui était jusqu’alors inconnue, Billywong Billidong, à force de patience et parce que ses oreilles avaient percé son secret, ce vent, Il l’avait finalement dompté…

Et un jour, le vieil Océan Pacifique, pour la première fois de sa très longue vie, entendit le son vibrant émis par un petit homme, en équilibre sur le dos d’une tortue, et le petit homme soufflait à s’en rompre les poumons dans un drôle de bout de bois, il soufflait plus fort que la tempête, il était plus vivant que le vent qui hurlait comme un orchestre déchaîné au-dessus de sa tête.
Une nuée de poissons volants plongeait à l’unisson du musicien.
Lui volait sur les flots…
Alors, le vieil Océan Pacifique, pour la première fois de sa très longue vie, se mit à rire…


 Vous avez manqué les chapitres précédents...pas d'inquiétude, les chapitres d'ores et déjà diffusés dans la newsletter quotidienne sont compilés sur notre site internet : https://www.letempsduregard.org/articles.php?lng=fr&pg=4333 
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