Copy
Consulter cette newsletter en ligne pour visionner les photos : https://us20.campaign-archive.com/?u=45bcb63963e00b3e5cb0777be&id=59e024f61c
 
Journal de bord "Le Temps du Regard"
N°18 - 20 avril 2020

Au temps du Coronavirus
La phrase du jour

" De bonnes choses sont sur ta route ; il ne faut simplement pas arrêter de marcher "
R Warren

Des nouvelles de nous

Nous avons rencontré les résidents de la Cour aux bretons pour échanger,
après 4 semaines de confinement !


Un tour de table pour s’apercevoir que la plupart des personnes va bien.
Isabelle se dit contente de pouvoir prendre son temps et sortir faire des ballades.
Pascal confirme que la venue de salariés des accueils de jour, le dimanche en l’occurrence, lui permet de bénéficier de ballades individualisées auquel le confinement contraint. Pascal se languit de reprendre son rythme « Bus/Accueil de jour » et comprend bien que le confinement risque de durer.
Jocelyne et Gwenaëlle évoquent les appels téléphoniques précieux à leur famille, frère et mère.
Tous aimeraient voir leurs familles et savent qu’il faudra encore attendre, comme le dit Christophe au sujet de son père.
Claudine (le bras en écharpe après une mauvaise chute pré-confinement) aura une radio à passer prochainement et se dit plutôt en forme et bien occupée (son dessin coloré devant elle pendant la réunion).

Il est rappelé à chacun l’importance de garder des distances et que les marquages au sol proposés cette semaine les aideront. Ils en conviennent tous et savent en expliquer le sens. Les accès cuisine/frigo et évier sont ainsi réglementés pour la sécurité de tous !

Une réunion d’une heure en présence de Didier, chef de service des hébergements et de Marc, psychologue, où la parole a été donnée à chacun y compris les salariés pour connaitre leur humeur du moment et répondre à leurs questions.

Des nouvelles de vous

Bonjour de Goven,

En ces temps très particuliers, l'endroit où on se trouve confiné permet de vivre plus ou moins bien cet épisode.

Pour moi et mon mari, le cadre est plutôt confortable, maison spacieuse et grand jardin (voire très grand). Cela et le beau temps permettent de passer de nombreux moments à l'extérieur. Le Jardin n'aura jamais été aussi à jour de son entretien (tonte de la pelouse, désherbage des allées, taille des arbres tombés pendant les tempêtes d'hiver, rangement du bois, préparation du potager...). Les floraisons printanières sont éclatantes, plutôt en avance, la glycine, le muguet explosent de couleurs et de senteurs.
Les arbres fruitiers sont magnifiques.
Les épinards montrent le bout de leurs feuilles, les pommes de terre ont rejoint leurs sillons, reste à protéger les jeunes pousses des possibles gelées tardives.

Pour Xavier, c'est un peu plus difficile. il est dans son foyer à Redon, lui qui d'habitude, rentre en famille tous les 15 jours et ne pense qu'à compter les jours entre 2 week-ends  (5 semaines déjà!!).
"C'est long, trop long! vous me manquez!"
Mais finalement cela se passe relativement bien, il tient le coup, il nous appelle 1 à 2 fois par jour.
On parle de ses activités au foyer, palets, pétanque, footing dans le jardin du foyer et depuis 15 jours, nous avons fait installer Whatsapp' sur son téléphone.
Quelle émotion lors de la 1ère vidéocommunication!! depuis on met la "caméra" 1 fois par jour, cela aide beaucoup.
Depuis vendredi il porte un masque, sans doute pour un petit dérangement digestif mais cela ne semble pas trop le perturber.

Ce confinement fait grandir, on retire malgré tout du positif de chaque situation, en répétant, en expliquant le pourquoi des choses !

Voilà les nouvelles de la famille Berty.

Portez vous bien . Merci pour tous les messages que l'on prend plaisir à lire chaque jour.

Christine et Xavier

NB : Xavier a été anciennement accueilli au sein de nos accueils de jour 

Aidez-nous à tisser un lien solidaire
Comment vivez-vous cette période de confinement ?

Envoyez-nous une photo et petit mot, racontez-nous votre quotidien!
Un chapitre du conte* : Le Pangolin et le Pingouin lent
Une oeuvre littéraire débutée au premier jour du confinement par Albert Lemant, artiste écrivain et illustrateur. A l’origine, ce texte a été pensé pour distraire ses petits-enfants mais tout ce qui est partagé fait du bien ! 
* 2 parce que c'est lundi
Chapitre 26.
 
Acocoyotl Polichtitli était pétrifié.
Ce jour était à marquer d’une pierre noire. La pierre du désastre. La pierre de la honte. Face à l’inconcevable réalité, lui, le maître des scribes, chancela.
Il n’avait jamais été confronté à un tel mystère. Etait-ce de sa faute ?
Maxitchocoatl, le Grand Prêtre, l’avait pourtant maintes fois mis en garde :
on ne plaisante pas avec le Quetzalcoatl ! Celui qui a la charge de le représenter en peinture, en sculpture ou en musique doit bien s’assurer qu’il ne trahit pas l’esprit divin du Dieu-Serpent, sinon il encourt de graves représailles.
Une malédiction peut s’abattre sur lui et sa descendance pour des générations et des générations. Avait-il commis une erreur ? S’était-il trompé dans l’agencement des écailles, des plumes ? Avait-il omis de vernir un ongle ? De souligner un poil de sourcil ?
Le Dieu-Serpent était très susceptible. La rancune et la cruauté étaient ses qualités premières, tout le monde le savait. Il ne pardonnait aucune faute. Jamais. Et maintenant il était parti…
Acocoyotl Polichtili enleva sa coiffe cérémonielle et la posa devant lui.
Cernée de plumettes de colibri et de motmot à sourcils bleus, elle était le symbole de sa charge, il la mettait chaque jour depuis qu’il était devenu le chef de la Chambre des Codex. Il la contempla tristement. Jamais plus il ne la porterait.
Il lui fallait partir au plus vite. La suite de l’Empereur devait déjà certainement s’être mise en route.  Il retira vivement tous les attributs qui pouvaient le trahir : colliers en or, bracelets de nacre et boucles d’oreilles en jade. Puis il fourra dans un sac un codex encore vierge, des pinceaux, des tiges de roseau et de l’encre. Il allait franchir la porte en bronze lorsqu’il s’arrêta et revint sur ses pas. Il allait oublier le principal…
« Ah ouiiiiii, c’est bien çaaaaaa…Ahahah….tu allais partiiirrrrr sans nous…Ohoho !... » ricana une voix de crécelle dans le fond de la pièce.
« Tu crrrrois ? fit une autre voix geignarde, il n’aurrrrait pas fait ça tout de mêêêêême ?… »
Acocoyotl Polichtitli retira vivement une couverture qui recouvrait une vaste cage à oiseau. Il en ouvrit la porte.
«  Mais non mes chers vieux compagnons, dit-il, comment pourrais-je me passer de vous ! Je vous emmène, vous me serez sûrement utiles ! »
Un ara rouge et un ara bleu, tous deux fort déplumés, jaillirent de la cage. Le premier se posa en gloussant sur son épaule droite, l’autre se posa en pleurnichant sur son épaule gauche
«  Tu as rrrraison dit l’ara rouge, on n’abandonne pas un arrrrrrra qui rit ! »

Chapitre 27.
 
« On n’abandonne pas pas non plus plus un arrrrrara qui pleupleurrrrre ! » bégayait l’ara bleu en s’agrippant tant bien que mal à Acocoyotl Polichtili.
La tête recouverte par une vieille capuche, celui-ci filait maintenant à toute allure le long des ruelles de la ville basse. Quiconque l’aurait croisé l’aurait pris, dans la pénombre du jour naissant, pour un épouvantail envoûté, asticoté par deux vilains corbeaux. Epouvantail qui n’avait à cet instant qu’une idée en tête, atteindre la jungle, toute proche des faubourgs de la ville, et se mettre à bonne distance de la colère de l’Empereur. Il osait à peine penser aux terribles tortures qu’il subirait si jamais les soldats-guépards lui mettaient la main dessus.
«  Ahaha….fit l’ara rouge…Moi je sais ce qu’ils te ferrrrraient….
D’aborrrrrd….Ohoho…Des chatouillis sous les pieds….Ahaha…
« Quelle horrrrrreurrrrr, fit l’ara bleu, moi je vois plutôtôt des pichenenettes surrrrrr le neznez, Hihihiiiiiiiiii…
«  Taisez-vous tous les deux, murmura Acocoyotl Polichtili tout en courant, vous n’y connaissez rien aux supplices infligés aux renégats de mon espèce ! »
« Ah parrrrce que Môssieur s’y connaît lui ? Ahahaha...J’oubliais que Môssieur savait tout ! Ohohoho…Et ben si Môôôsieur sait tout il faudrrrrra qu’il nous explique comment il s’est échappé du codex, le grrrrros lézarrrd à frrrou-frrrrrou !....
«  Boucle-la maudit perroquet de malheur ! gronda Acocoyotl Polichtili en clouant le bec à l’ara rouge, on ne se moque pas du Quetzaloatl comme ça ! Si ça se trouve il nous écoute….
«  Bah s’il nous écoute, Hihiiiiiiii, c’est qu’il n’est pas, pas, pas loin, gémit, en larmes, l’ara bleu. Et s’il n’est pas, pas, pas loin...C’est qu’il…c’est qu’il….
«  Bon ça suffit comme ça, taisez-vous tous les deux…On va souffler un peu…Et se calmer, surtout se calmer…Il faut qu’on se pose un moment, qu’on réfléchisse et qu’on décide dans quelle direction aller…D’ailleurs c’est pour ça que je vous ai emmenés avec moi… » Devant l’air éberlué des deux volatiles  Acocoyotl Polichtitli continua : « Oui, toi Arakara,mon ara qui rit, et toi Urukuru, mon ara qui pleure, vous deux qui lisez dans les pensées des hommes et qui sentez la présence d’autres bêtes à plumes, vous allez me guider…
«  Ahaha c’est la meilleurrrrrrrre de l’année celle-là ! Nous, te guider ?
« Hihiiiiiiii  je dirrrrais même mieux ! De l’année celle-là là c’est la meilleurrrre !
Te guider, nous nous ?  On n’est même pas pas fichuchus de se rrrrrrerrrrre connaîtrrrrre l’un l’autrrrrrre !....
«  Moi je peux , moi je peux , moi je peux ! fit soudain une petite voix virevoltante au-dessus d’eux.
 « C’est qui, qui peut ? demanda, stupéfait, Acocoyotl Polichtitli.
« C’est moi, c’est moi, c’est moi ! roucoula un minuscule oiseau qui vibrionnait devant son nez.
« Oh non pas lui, firent, les deux aras en se bouchant les yeux avec leurs ailes,  pas lui, pas lui, pas lui...
« Si, si, si….Lui, lui, lui ! » gazouilla Kirikiki, le colibri riquiqui !

 
 Vous avez manqué les chapitres précédents...pas d'inquiétude, les chapitres d'ores et déjà diffusés dans la newsletter quotidienne sont compilés sur notre site internet : https://www.letempsduregard.org/articles.php?lng=fr&pg=4333 
Participez à un échange culturel et récréatif
A vos crayons et appareils photos pour illustrer ce chapitre
Vous pouvez nous transmettre votre production par mail à : ludivine.goyet@letempsduregard.org
 Ensemble vivons nos différences.
Rejoignez-nous sur Facebook Rejoignez-nous sur Facebook
Notre site Notre site






This email was sent to <<Email Address>>
why did I get this?    unsubscribe from this list    update subscription preferences
Le Temps du Regard · 15 rue de la Marbaudais · Rennes 35700 · France

Email Marketing Powered by Mailchimp