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Journal de bord "Le Temps du Regard"
N°15 - 15 avril 2020

Au temps du Coronavirus
La phrase du jour

" Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l''ensemble des habitants de la terre
Albert Jacquard

Des nouvelles de nous

La fête de Pâques aux haubans (4 appartements individuels de Montgermont)

En plus du suivi quotidien, les courses, ménage...nous faisons quelques petites ballades dans Montgermont et nous essayons de passer des moments agréables et réconfortants.
C'est pour cela que nous avons organisé, dimanche midi, un repas de Pâques (en respectant bien les gestes barrières).
Ça s'est passé chez Isabelle car c'est un peu plus grand chez elle et elle a une table à rallonge. Elle a d'ailleurs préparé la table dès la veille !

Au menu :
Petite salade fraîcheur : tomates, feta, échalotes
Confit de canard, pommes de terre grenailles, poêlée de champignons
Glace biscuit caramel
Chacun avait même reçu un superbe lapin de Pâques en chocolat. Miam!!!!

Pour cette occasion, Émile avait même écrit un petit poème qu'il a offert à Isabelle pour la remercier pour l'invitation. 
Après le repas, nous avons téléphoné à Jocelyne qui réside actuellement à la Cours aux bretons pour lui faire un petit coucou.

Des nouvelles de vous

Je suis donc « confiné » en anjou, ma nouvelle résidence, depuis le mois d’Aout dernier.
Installation dans cette maison familiale que j’aime depuis toujours, au Sud d’Angers.
Un chien est venu me tenir compagnie : Pia, jeune chienne de race berger belge qui est une compagne très sympa.

Mais mon esprit n’est pas loin de vos activités, vos préoccupations et vos projets.
Je salue tout le monde et vous souhaite beaucoup de courage dans ces temps mouvementés.
Olaf 

Aidez-nous à tisser un lien solidaire
Comment vivez-vous cette période de confinement ?

Envoyez-nous une photo et petit mot, racontez-nous votre quotidien!
Un chapitre du conte* : Le Pangolin et le Pingouin lent
Une oeuvre littéraire débutée au premier jour du confinement par Albert Lemant, artiste écrivain et illustrateur. A l’origine, ce texte a été pensé pour distraire ses petits-enfants mais tout ce qui est partagé fait du bien ! 
*2 parce que c'est un mercredi spécial
Chapitre 21.
 
Le Turbo-morse commençait à donner des signes de faiblesse.
Il faut dire que Tulurgglurkuk ne l’avait pas ménagé. Depuis trois jours et trois nuits qu’ils filaient à toute allure, monture et équipage n’avaient pris ni repos, ni repas. La steppe glacée avait succédé à la banquise, la toundra avait succédé à la steppe. Ils venaient de pénétrer dans la Grande Forêt sans qu’ils trouvent de quoi manger. Le morse zigzaguait entre les hauts mélèzes mais on sentait bien que ses forces s’épuisaient, le turbo toussotait salement, Chien-qui-pète aussi…
Soudain, alors que rien ne le laissait présager, la forêt s’éclaircit.
Ils débouchèrent à leur grand étonnement sur une clairière remplie de véhicules tous plus invraisemblables les uns que les autres. Au centre de la clairière, une immense cabane en bois toute en longueur resplendissait de mille néons scintillants, sur le toit du bâtiment une réclame annonçait fièrement : Au Royal Nunavut Burger ! Le Meilleur Fast-Phoque du Nord !
Ils étaient sauvés ….
Ils accrochèrent le turbo-morse à une barrière, entre un imposant yack à propulsion hydraulique et un petit caribou à roulettes, puis pénétrèrent dans l’improbable bar. Après des jours et des nuits passés dans le silence et la solitude, les bousculades pour arriver jusqu’au comptoir, le brouillard suffocant provenant des cuisines et le boucan infernal prirent Tulurgglurkuk à la gorge et il chancela. Une serveuse à l’identité douteuse, mi-ourse  mi-on-ne-sait-pas-quoi le rattrapa par la taille et gloussa : «  Pour consommer c’est droit devant bel étranger, en tout cas c’est pas par terre que ça se passe ! allez ouste, c’est par là !... » Chien-qui-pète quant à lui était au bord de l’extase. Ne pouvant se retenir de donner libre court à son désordre intestinal favori il lâcha un pet si retentissant et si nauséabond que la foule s’écarta instantanément.
Deux places se libérèrent au comptoir, nos deux amis s’y assirent.
Une serveuse chaussée de patins à glace se planta tout sourire devant eux et leur balança deux menus dans les mains  :
«  C’est pour manger sur place ou c’est pour emporter ? »
« Les deux ! brailla Chien-qui-pète en inondant le zinc de sa salive.
« Y f’rait mieux d’étudier la carte le clébard ! L’igloo ne fait pas crédit ! » fit la serveuse, puis elle repartit servir deux gros grizzlis qui commençaient à s’impatienter un peu plus loin.
«  Voyons cette carte, dit Tulurgglurkuk, en jetant des regards inquiets autour de lui, commandons, mangeons un morceau et allons-nous en. Cet endroit ne me dit rien qui vaille.
« Allons, relax, fit Kaalakkakakakuk ( qui veut dire maintenant Chien-qui-pète-et-qui-bave), relax…Faut savoir prendre du bon temps. Alors qu’est-ce qu’il y a de bon sur ce menu ? Wouaaahhhhhh ! Un Royal Cheese Burger de phoque braisé avec des cornichons des mers et des chips de crabes à la chantilly ! J’en ai toujours rêvé ! On prend ça, on prend ça dis ?....Ohhhh ett puis non on va plutôt prendre un Spécial Triple Tacos de Narval avec brochettes de harengs fumés à la sauce aigre-douce et ses potatoes infernales ! Trop bien ! Ahhhhhh j’hésite…. Et si je prenais plutôt un Double Carpaccio de bave de pieuvre avec un Croque-Monsieur à la graisse de baleine frite et au jus de boudin de morse avec supplément bacon et sa garniture de chips de morue en enchilada…
«  Tu ne crois pas que…
« Et puis en dessert je veux bien un sorbet de racines de mélèze hyper glacé et son iceberg de coulis de jus d’otarie au miel des trois saisons….
«  Je ne pense pas que…
«  Patron c’est ma tournée ! » se mit à hurler Kaalaaklikklikkliklikklik, ( qui veut dire Chien-qui-pète-et-qui-bave-et-qui-perd-la-boule),  qui donc comme son nom l’indiquait venait de péter un boulon. Et même plusieurs…
«  Tournée de nuggets pour tout le monde ! continuait-t-il à beugler en plein délire. Et qu’ça saute…. »
Un silence de morse se fit dans la salle. L’un des deux grizzlis assis au comptoir descendit de son tabouret et s’avança lentement en roulant la mécanique de ses épaules musclées. La foule s’écarta. Il planta ses yeux noirs dans ceux de Tulurgglurkuk, mit une de ses grosses pattes sur la tête de Tulurgglurkuk, et dit :
«  Et que ça saute ?... C’est bien ça qu’il a dit ton copain ? Et qu’ça saute ?…. »
 
 
Chapitre 22.
 
La tortue n’avait jamais vu d’être humain de toute sa vie.
Elle en avait entendu parler bien sûr, comme tout le monde sous l’eau, mais elle n’en avait jamais vu d’aussi près. Les poissons, les crustacés, les mammifères et les reptiles de mer comme elle en parlaient beaucoup entre eux, c’était même un de leur sujet de conversation favori. Les humains, pensez-donc, depuis la nuit des temps marins tout le monde savait qu’il fallait s’en méfier…
Et voilà qu’elle en avait un juste sous le nez, enfin sous le bec. Cet humain-là n’avait pas l’air bien méchant, pas très beau c’est vrai, avec ces quatre grandes brindilles marron de chaque côté du corps qui devaient être ses nageoires,  cette grosse touffe de poils emmêlés sur le crâne qui ressemblait à une vieille méduse, ces branchies évasées au milieu du visage, cette bouche pleine de dents qui bredouillait des sons incohérents et ces deux gros yeux ronds qui la fixaient.
Qu’est-ce qu’il pouvait bien faire là, la tête enfouie dans le sable ? Est-ce que les humains mangeaient du sable ? Est-ce qu’il venait pondre ses œufs sur la plage lui aussi ? Sa plage à elle qui plus est... Elle n’avait jamais entendu dire que les humains pondaient des œufs mais elle ne savait pas tout. Elle n’était qu’une bien jeune tortue luth de 110 ans après tout…
Elle s’approcha plus près, le renifla, il ne sentait vraiment pas bon. Elle sortit sa très longue langue et lui lécha le bout du nez. Beurk….Aucune odeur d’écume, de vase ou d’eau salée. Cet humain-là n’avait sûrement jamais mis une ouïe dans la Grande Eau.
Cet humain-là, Billiwong Billidong, éternua violemment. L’œil curieux et en amande de la tortue essaya de sonder l’œil rond et étonné de Billiwong Billidong qui bondit en arrière sur ses fesses.
Je ne savais pas que les humains étaient aussi froussards, se dit la tortue.
«  Je ne suis pas froussard, dit Billiwong Billidong,  je rêvais et j’écoutais les conseils de mon animal-esprit le koala, c’est tout.  Je suis Billiwong Billidong le grand chasseur. Je viens de la terre des déserts de terre rouge et je cherche un kangourou doux. Il se pourrait qu’il soit parti sur les eaux. Et toi qui es-tu, animal à grosse coquille et au nez crochu ?
«  Eh bien, gloussa la tortue, bonjour grand chasseur qui n’est pas très beau non plus et qui n’a peur de presque rien. Moi je viens des profondeurs bleutées du vieux Pacifique, l’océan est mon royaume car je suis un tortue luth et je suis ici pour donner naissance à cent cinquante petites tortues qui vont bientôt sortir de leur œuf et aller vers la mer…Si les crabes ne les mangent pas avant.
Biliwong Bilidong saisit son didgeeridoo et commença à en jouer doucement.
« Tortue luth du Vieux Pacifique, dit-il, si je réussis à amadouer les crabes en jouant de mon instrument, pourras-tu m’aider à surfer sur les vagues pour retrouver mon kangourou ?
«  Tope là, répondit la tortue luth en tendant sa nageoire, tape m’en une Bingbongbingbong ou quel que soit ton nom bizarre. Mon nom à moi c’est Toholuhuluholoholuhuluhuluhuluholuhulu, mais tu peux m’appeler Lulu !...
«  Lulu, dit Biliwong Bilidong, je crois que ceci est le début d’une longue amitié…. »
 

 
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