Aussi : Le calcul de Doug Ford͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ 

L’actualité politique
27 octobre 2022

 

Bonsoir !

On l’a vu au premier conseil des ministres mercredi : le gouvernement Legault 2.0 est maintenant au travail — et plusieurs ministres ne manquent pas de dossiers à régler en priorité. On a ici une pensée spéciale pour Christian Dubé à la Santé (les urgences débordent) et Geneviève Guilbault aux Transports (le tunnel La Fontaine va mal) : ça commence fort.

Il y a aussi un dossier urgent pour l’opposition officielle, soutient cette semaine Philippe J. Fournier : redresser la barre. Dans une analyse des résultats du 3 octobre pour les libéraux de Dominique Anglade, il relève que le recul enregistré par les libéraux est plus profond qu’il n’y paraît. Une donnée parmi d’autres : par rapport à 2018, le Parti libéral a essuyé des pertes dans 124 des 125 circonscriptions… 

Notre collaborateur André Pratte s’est pour sa part intéressé à un autre dossier prioritaire à Québec : celui de l’immigration et des demandes de François Legault pour obtenir plus de pouvoirs d’Ottawa. Or, écrit-il, le Québec maîtrise déjà une très large part de son immigration, et c’est d’abord à lui de mieux la choisir s’il s’inquiète tant de l’avenir du français (voir aussi le calepin à cet égard).

On ajoute à ce menu un texte en provenance d’Ottawa et de Karl Bélanger, qui explique pourquoi Doug Ford ne veut pas témoigner devant la Commission sur l’état d’urgence. 

Bonne lecture !

Guillaume Bourgault-Côté, chef du bureau politique

Élections Québec 2022
Philippe J. Fournier

Une analyse fine des résultats électoraux obtenus par le Parti libéral confirme que le bilan est encore plus désastreux qu’il ne le paraissait le soir du 3 octobre.

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Relation Québec-Ottawa
André Pratte

Le Québec possède déjà tout ce qu’il lui faut pour avoir l’immigration qu’il veut, comme il le veut. Mais les gouvernements Legault et Trudeau ont quand même intérêt à discuter d’un enjeu essentiel de ce débat, fait valoir l’ancien sénateur et ex-éditorialiste.

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Convoi de la liberté
Karl Bélanger

Le premier ministre de l’Ontario ne veut pas témoigner devant la Commission sur l’état d’urgence, et il a de bonnes raisons politiques de refuser, écrit notre collaborateur.

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Le chiffre du jour
23 %

En 2021, près du quart (plus précisément : 23 %) de la population canadienne était constituée d’immigrants reçus et de résidants permanents, nous apprenait Statistique Canada mercredi en dévoilant des données tirées du dernier recensement. C’est un record pour le pays — le précédent sommet datait de 1921 (22,3 %) —, et cela place aussi le Canada au premier rang des pays du G7 en la matière. Cette proportion ira d’ailleurs croissante : on prévoit qu’en 2041, de 29,1 % à 34 % de la population sera composée d’immigrants. Statistique Canada note également qu’entre le dernier recensement et le précédent (2016), les immigrants ont représenté 80 % de la croissance de la population active. 

Vu sur les réseaux sociaux
 
La politique en images
Une première visite chargée pour Blinken

Pour sa première visite en sol canadien depuis qu’il est en poste, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a plusieurs dossiers sur lesquels se pencher avec la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly. En plus de la guerre en Ukraine et de la sécurité dans l’Arctique, la possibilité d’une intervention des deux pays alliés en Haïti, où sévit une crise humanitaire, politique et sécuritaire depuis des mois, est au cœur des discussions. (Photo : Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne)

 
Le baromètre de Guillaume Bourgault-Côté

👍 En hausse : Saluons les élus du conseil municipal de Montréal qui ont adopté cette semaine une déclaration blâmant le maire d’Anjou, Luis Miranda, pour ses propos tenus à l’endroit d’un adolescent de 15 ans qui était venu, très poliment, lui poser une question (sur l’usage des terrains de soccer) lors d’une assemblée du conseil d’arrondissement. Essentiellement, le maire Miranda l’avait rabroué pour avoir osé lui adresser la parole du haut de son jeune âge, et avait soutenu qu’il revenait à ses parents de parler à sa place — l’ensemble de son intervention pourrait figurer dans un manuel sur la condescendance. La déclaration du conseil dénonce donc les « propos discriminatoires » de Luis Miranda et encourage « la participation des jeunes à la vie démocratique montréalaise ». À noter : le maire Miranda a lui-même voté pour. Et, cité par Le Devoir, son seul commentaire à la sortie de la séance fut : « Je suis pour les jeunes. » C’est déjà ça. 

👎 En baisse : Le caucus de la Coalition Avenir Québec compte 90 députés, venant des 17 régions du Québec. En Abitibi-Témiscamingue, la CAQ a raflé tous les sièges. Il y a aussi 30 élus à la table du Conseil des ministres… et pourtant aucun de l’Abitibi-Témiscamingue. C’est Mathieu Lacombe, élu en Outaouais, qui a hérité de la responsabilité de cette région au sein du Conseil, une décision qui passe très mal auprès des intervenants de celle-ci. François Legault a expliqué qu’il a eu des « choix déchirants » à faire, qu’il va s’impliquer « personnellement » dans le dossier de la Fonderie Horne, qu’il faut « valoriser le rôle des députés », etc. Mais sur le fond, un constat demeure : s’il n’y a aucun Abitibien dans le Conseil des ministres, c’est que les trois élus du coin ne se distinguent pas. Cela arrive. Or, comme c’est François Legault qui choisit tous les candidats de la CAQ (il n’y a pas d’investiture), on peut s’étonner qu’il n’ait pas pensé au fait que ça lui poserait problème à un moment donné…

Dans le calepin de Guillaume
Finalement, l’immigration…

Après avoir soutenu en campagne électorale que l’immigration était une menace pour le français et la cohésion nationale, après avoir maladroitement associé l’enjeu à la violence, après avoir déclaré que parler d’immigration était tellement compliqué qu’il valait mieux ne pas le faire, voilà que François Legault change de ton et de vocabulaire par rapport à ce sujet.

« Dans le mandat qui commence, je veux qu’on aborde l’enjeu de l’immigration comme une solution pour l’avenir du français plutôt que comme un problème », a-t-il dit quelques minutes après avoir formé son conseil des ministres, la semaine dernière. « On va se concentrer sur l’ajout à la majorité francophone. » 

On peut souligner qu’il appartient surtout à M. Legault de mettre en pratique cette directive — dans la mesure où il a fait précisément le contraire pendant toute la campagne électorale, de son propre chef et à répétition. Mais si l’on ajoute la volonté de parler de l’immigration d’une manière positive à la nomination de Christine Fréchette comme ministre du dossier, on voit là les fondements d’un réel nouveau départ pour le gouvernement relativement à ce sujet. Et c’est tant mieux, parce qu’il est évident que la question de l’immigration sera au cœur du mandat qui commence : aussi bien l’aborder de la bonne façon.