Aussi : Pierre Moreau et l'âgisme͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ 

L’actualité politique
1 décembre 2022

 

Bonsoir !

Après une pause parlementaire de près de cinq mois, les députés de l’Assemblée nationale sont de retour au Salon bleu. Enfin, pas tous : ceux du Parti québécois se sont butés à des portes closes, interdits d’entrée pour des raisons liées à Charles III — on en parle plus loin. Mais pour l’essentiel, les travaux ont repris, des projets de loi ont été déposés, c’est reparti.

Je vous présente cette semaine un portrait-robot des 125 députés, tiré du tout nouveau numéro de L’actualité. Combien sont nés à l’étranger ? Quel est le niveau de scolarité des uns et des autres ? Quels métiers pratiquaient-ils avant d’être élus ? Une manière de mesurer jusqu’à quel point l’Assemblée nationale ressemble à la population. 

La chronique mensuelle de Chantal Hébert est consacrée à l’avenir de Justin Trudeau et à la probabilité qu’il soit toujours chef de son parti aux prochaines élections fédérales. On sait par ailleurs que, pour sa part, l’ancien ministre libéral provincial Pierre Moreau ne sera pas candidat à la direction du Parti libéral du Québec. André Pratte revient sur cette annonce en se demandant si ceux qui estimaient que M. Moreau était trop vieux pour relancer le PLQ ont fait preuve d’âgisme… Le débat est ouvert. 

Bonne lecture !

Guillaume Bourgault-Côté, chef du bureau politique 

Assemblée nationale
Guillaume Bourgault-Côté

L’actualité a compilé des données transmises par les partis politiques pour vérifier à quel point les 125 députés élus en 2022 sont représentatifs de la population québécoise. Réponse : pas totalement, mais bien plus qu’avant.

Lire la suite →

Politique fédérale
Chantal Hébert

Justin Trudeau voudra livrer un quatrième combat électoral pour croiser le fer avec Pierre Poilievre et préserver son héritage politique.

Lire la suite →

Parti libéral du Québec
André Pratte

Même si son refus de s’engager dans la course à la direction du Parti libéral du Québec tient à d’autres raisons, l’âgisme dont Pierre Moreau a fait l’objet lors de discussions préalables à une possible candidature en dit long sur notre époque.

Lire la suite →

Le chiffre du jour
0

Il n’y avait aucun député péquiste à l’Assemblée nationale pour l’ouverture de la 43e législature, mardi. Ils n’étaient pas présents non plus mercredi pour le discours d’ouverture du premier ministre François Legault. Et ils se sont fait interdire l’entrée au Salon bleu jeudi matin, parce qu’ils n’avaient pas prêté serment au roi Charles III. Il s’agit là d’une condition essentielle pour pouvoir siéger, a réitéré sans ambiguïté la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy, pendant que les péquistes récalcitrants rebroussaient chemin. En résumé : elle « souscrit entièrement » à la décision étoffée prise par son prédécesseur (François Paradis, qui avait émis un avis à ce sujet quelques semaines après l’élection) ; il va falloir un projet de loi pour rendre facultatif le serment au roi (Québec solidaire en a déposé un jeudi) ; et « cette décision est finale et sans appel ». La présidente Roy a ajouté qu’elle « souhaite que la présente décision mette un terme au débat sur les conséquences de ne pas prêter le serment d’allégeance et que les députés qui ont choisi de ne pas le prêter se gouvernent en conséquence »… 

Vu sur les réseaux sociaux
 
La politique en images
Une première voix autochtone à la Cour suprême
 
Le baromètre de Guillaume Bourgault-Côté

👍 En hausse : Après avoir martelé pendant des mois que l’avenir du français et de la nation québécoise tenait pour beaucoup à l’obtention par le Québec de pouvoirs supplémentaires en matière d’immigration, François Legault a changé de ton mercredi dans son discours d’ouverture. « Avant même d’aller demander plus de pouvoirs à Ottawa, il faut que nous, on en fasse plus en matière d’immigration », a-t-il souligné. Dans ce cas précis, en « faire plus » revient à mieux utiliser les outils dont dispose déjà le gouvernement du Québec pour choisir des immigrants économiques qui parlent français, et des étudiants qui viendront étudier en français. C’est une voie que plusieurs spécialistes avaient pointée — et qui s’annonce plus porteuse de résultats qu’une très hypothétique future entente avec le fédéral…

👎 En baisse : Le projet de loi 1 présenté cette semaine par la nouvelle première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, fait sourciller moult constitutionnalistes, élus et observateurs. La Loi sur la souveraineté de l’Alberta dans un Canada uni — ce n’est pas un clin d’œil à une blague d’Yvon Deschamps, mais bien le nom du projet — donnerait notamment au Conseil des ministres de son gouvernement le (très gros) pouvoir de modifier certaines lois provinciales sans devoir passer par un vote des élus à l’Assemblée législative. Elle permettrait aussi à la province de se soustraire à des lois ou des règlements fédéraux jugés « inconstitutionnels ou dommageables » pour l’Alberta. « La [loi] sera utilisée comme un bouclier constitutionnel pour protéger les Albertains contre les excès du gouvernement fédéral », soutient la première ministre. Y a-t-il, à l’inverse, excès du gouvernement albertain ? La question sera assurément débattue devant les tribunaux.

Dans le calepin de Guillaume
Le double discours

Le discours d’ouverture prononcé mercredi par François Legault ne contenait rien de bien différent de celui qu’il avait présenté en octobre 2021. Des ajustements dans les priorités (il lui a fallu une heure avant de parler de santé, alors que c’était au cœur du discours de 2021), quelques thèmes qui n’étaient pas une préoccupation il y a un an mais qui s’imposent désormais (l’inflation), une ligne pour citer Winston Churchill cette année plutôt que John F. Kennedy l’an dernier… Le texte résumait bien l’esprit de la campagne électorale caquiste, cette idée qu’il faut « continuer » à travailler sur une foule de dossiers qui restent en chantier. 

Si on recule jusqu’en 2018 et au premier discours d’ouverture prononcé par François Legault, on trouve là aussi de grandes similitudes autour des objectifs généraux (en oubliant évidemment le passage qui plaidait pour une réforme du mode de scrutin…). On notera cependant des différences majeures dans l’importance accordée aux thèmes de l’immigration, de l’avenir du français (il n’en avait pas parlé en 2018, alors que ce fut un élément central de sa présentation de mercredi) et des changements climatiques.

Sur ce dernier point, le premier ministre tient toutefois une sorte de double discours. D’un côté, il fait valoir la nécessité d’avoir un « Québec plus prospère et plus vert » — les deux thèmes allant de pair dans sa vision qui s’articule autour de l’idée que la transition énergétique est une grande occasion d’affaires. Il faut accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dit-il. Fort bien. Mais par ailleurs, il s’empresse de « mettre les choses en perspective » et d’affirmer que le « Québec est déjà un leader » et un « premier de classe » (lorsqu’on le compare aux mauvais exemples que sont le reste du Canada et les États-Unis), ce qui envoie le message qu’on ne peut pas — ou ne doit pas — en demander beaucoup plus à une province qui en fait autant.