Aussi : Le problème chinois de Justin Trudeau͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ 

L’actualité politique
24 novembre 2022

 

Bonsoir !

La vie parlementaire reprendra mardi à Québec, près de deux mois après les élections. Ou enfin, elle reprendra officiellement, parce qu’en réalité, l’action n’a pas manqué depuis le 3 octobre à l’Assemblée nationale. Le Parti libéral a perdu sa cheffe et une députée ; le Parti québécois et Québec solidaire se sont élevés contre le serment au roi ; les quatre partis se colletaillent aussi depuis des semaines en coulisses pour déterminer le statut des uns et des autres (on en parle dans le calepin)… Ainsi donc, vivement les travaux parlementaires, un discours d’ouverture avec des orientations à discuter, des projets de loi… pour quelques jours seulement, avant les longues vacances des Fêtes.

D’ici là, à Ottawa, tous les yeux seront rivés demain sur le premier ministre Justin Trudeau, dont le témoignage devant la commission Rouleau sur l’état d’urgence de février dernier est fort attendu. À ce sujet, notre collaborateur Philippe J. Fournier revient sur un sondage mené récemment et qui montre qu’une nette majorité de Canadiens estiment que le gouvernement a pris une bonne décision en invoquant la Loi sur les mesures d’urgence lors de la manifestation de l’hiver 2022 dans la capitale fédérale. Assez pour nous laisser croire que Justin Trudeau ne paiera pas un grand prix politique au terme de cette enquête. Karl Bélanger s’intéresse pour sa part à un autre dossier épineux pour le gouvernement libéral : celui des relations avec la Chine et de la possible interférence de celle-ci dans les élections de 2019. 

On fait finalement un saut aux États-Unis, où le président Joe Biden célébrait cette semaine son 80e anniversaire dans des circonstances étonnamment favorables pour lui. Rafael Jacob fait le tour de la question, et du gâteau (de fête).

Bonne lecture !

Guillaume Bourgault-Côté, chef du bureau politique 

Commission Rouleau
Philippe J. Fournier

La commission Rouleau peut bien chercher à déterminer si l’intervention fédérale lors de la manifestation à Ottawa en février dernier était justifiée et basée sur des fondements légaux, les Canadiens se sont déjà fait une opinion sur la question.

Lire la suite →

Politique
Karl Bélanger

L’approche de Justin Trudeau envers la Chine a pris un nouveau tournant au cours du sommet du G20 de novembre à Bali, en Indonésie. Analyse de notre collaborateur.

Lire la suite →
Politique américaine
Rafael Jacob

Depuis sa candidature à l’investiture démocrate en 2020, Joe Biden porte son âge comme un handicap. Maintenant qu’il est octogénaire, ce nouveau statut pourrait plutôt lui servir de tremplin.

Lire la suite →

Le chiffre du jour
4 617

La réforme controversée menée par la juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau, pour accroître le temps de délibération des juges fera perdre 4 617 jours d’audition par année, et imposera ainsi au Directeur des poursuites criminelles et pénales de faire des choix dans les dossiers qui pourront être traités. Une enquête de La Presse publiée mercredi mettait en lumière que le bras de fer qui oppose le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, à la magistrate sur cette question et sur d’autres pourrait avoir d’importantes conséquences. Le ministère de la Justice estime qu’en 2022-2023, jusqu’à 64 000 causes pourraient dépasser les plafonds fixés par l’arrêt Jordan (de 18 à 30 mois pour régler un dossier, selon la nature de celui-ci) sans l’ajout de nouveaux juges pour pallier les changements mis en place à la Cour du Québec. Désormais, les 160 juges disposent d’une journée de délibération pour chaque jour où ils siègent. Les juges siégeaient jusqu’ici deux jours et délibéraient la troisième journée. La juge en chef plaide que la complexification du droit impose ce changement… qui donne bien des maux de tête au ministre de la Justice et à l’ensemble de l’appareil judiciaire.

Vu sur les réseaux sociaux
 
La politique en images
Retour vers le futur au Parti vert
 
Le baromètre de Guillaume Bourgault-Côté

👍 En hausse : Si Justin Trudeau avait des craintes quant à l’issue de la commission Rouleau (qui s’intéresse à l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence par le gouvernement fédéral pour délier la crise des camionneurs), il a dû être rassuré cette semaine par le témoignage du directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). David Vigneault a notamment dit qu’il avait recommandé au premier ministre d’invoquer la Loi pour mettre un terme à la crise, parce qu’il ne voyait pas comment les « outils réguliers » seraient suffisants. On verra ce que dira le rapport final de l’enquête, mais David Vigneault a certainement enlevé de la pression sur les épaules de Justin Trudeau. Après tout, si le grand patron de l’agence qui surveille les enjeux de sécurité nationale a recommandé l’usage de la Loi, la justification politique de la manœuvre devient un peu plus facile à défendre…

👎 En baisse : Ce n’est pas vraiment une surprise, mais le gouvernement Trudeau a finalement décidé d’envoyer une délégation diplomatique à la Coupe du monde de soccer qui se déroule au Qatar, malgré les appels au boycottage de différents acteurs. Au centre des critiques de ces derniers : le bilan qatari en matière de respect des droits de la personne, le traitement réservé aux membres de la communauté LGBTQ+ dans ce pays (il est simplement « illégal » d’être homosexuel) ainsi que la manière dont y sont traités les travailleurs migrants. Selon les partisans du boycottage, tout cela justifiait que le Canada se tienne à l’écart de l’événement, comme il l’avait fait aux Jeux olympiques de Pékin plus tôt cette année. Le gouvernement n’a pas réellement défendu sa décision, qu’il a annoncée seulement deux jours avant l’ouverture du tournoi. On a simplement dit que le ministre du Développement international, Harjit S. Sajjan, était chargé d’encourager l’équipe nationale masculine (qui participe à la Coupe du monde pour la première fois depuis 1986) et qu’il devait aussi prendre part à un « événement trilatéral de diplomatie sportive ». 

Dans le calepin de Guillaume
Quel statut pour le PQ ?

La session parlementaire débutera mardi à Québec et on ne sait toujours pas quel rôle précis pourra jouer le Parti québécois au sein du nouveau corps législatif. Les négociations autour de la reconnaissance du parti — mais surtout de son temps de parole et du budget dont il disposera — se poursuivent, mais butaient encore jeudi en fin de journée sur différentes façons d’analyser le résultat des élections du 3 octobre : doit-on considérer d’abord le nombre de députés obtenus, ou le pourcentage de votes, ou les deux ? Et selon quelle pondération ?

Au-delà de certains détails qui relèvent plus des tâches ménagères parlementaires (le nombre de motions que le PQ pourrait déposer s’il était reconnu comme groupe, la possibilité que ses députés aient des postes de vice-présidents dans les commissions, la capacité de mettre sur pied un cabinet du chef, etc.), l’enjeu est de taille. Ce qui se discute présentement déterminera essentiellement la capacité de travail et d’efficience du PQ pour les quatre prochaines années. 

Peu importe l’entente qui sera trouvée, ce dossier rappelle à tout le moins que l’Assemblée nationale doit adopter une réforme parlementaire qui permettra de mettre à jour des règles de fonctionnement mal adaptées à la réalité multipartite. Un projet en ce sens avait été présenté en février 2020 et contenait déjà des pistes de solution intéressantes — notamment, tiens donc, l’abolition de l’obligation de porter allégeance au roi. Qui sera d’ailleurs un autre dossier à suivre dans les prochains jours : les trois péquistes pourront-ils siéger, et à quel titre — comme groupe reconnu ou pas ?