Aussi : Sur le dos de Montréal͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ 

L’actualité politique
6 octobre 2022

 

Bonsoir !

Après 27 éditions quotidiennes consacrées à la campagne électorale — qui s’est conclue lundi par une tonitruante victoire caquiste —, l’infolettre politique revient dans sa case horaire normale du jeudi, sous sa forme habituelle. C’est-à-dire qu’on parle aussi d’Ottawa, non pas seulement de Québec.

Ainsi, notre collaborateur Yan Plante entame aujourd’hui une série de « mémorandums » adressés à chacun des quatre chefs de parti à Ottawa, dans le contexte de l’arrivée de Pierre Poilievre comme chef du Parti conservateur du Canada. Comment s’adapter à la nouvelle dynamique ? Quelques réponses dans son texte. Toujours à Ottawa, Chantal Hébert nous parle pour sa part de la reine et… de la « clause nonobstant » — il y a un lien, vous verrez. 

On a bien sûr un menu postélectoral pour vous : ça se passe dans les capsules du jour, mais aussi dans l’analyse que nous livre Paul Wells des résultats de lundi. Le point de départ de son texte se situe derrière le banc des Nordiques de Québec, avec Jacques Parizeau, en 1995. Là aussi, il y a un lien, vous verrez. 

Bonne lecture !

Guillaume Bourgault-Côté, chef du bureau politique

Politique fédérale
Yan Plante

Avec l’arrivée de Pierre Poilievre à titre de chef conservateur et de l’opposition officielle, notre collaborateur reprend son ancien chapeau de stratège politique et prépare un mémorandum pour chacun des quatre principaux chefs des partis fédéraux. Cette semaine, Justin Trudeau.

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Constitution canadienne
Chantal Hébert

L’idée de l’abolition de la monarchie au Canada prend du galon, mais sa réalisation tient presque de l’utopie.

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Victoire de la CAQ
Paul Wells

En 2022 comme en 1995, on gagne des élections québécoises en cachant ses racines montréalaises.

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Le chiffre du jour
56 326

Sur les 4 169 145 votes exprimés lundi, un total de 56 326 bulletins ont été « rejetés », soit 1,35 %. Ce qui veut dire ? Selon Élections Québec, un bulletin peut être rejeté parce qu’il a été marqué ailleurs que dans un cercle, ou qu’il « porte des inscriptions fantaisistes ou injurieuses », ou qu’il a été rempli avec un crayon autre que celui remis avec le bulletin de vote, ou encore parce qu’il ne porte pas les initiales du scrutateur, etc. Au Québec, on rejette aussi les bulletins qui n’ont pas été marqués du tout, soit le fameux « vote blanc ». On en parle pour rappeler que ce vote blanc est comptabilisé dans certains pays européens — parce qu’il exprime le rejet, par un citoyen qui se déplace pour voter, des options politiques qui lui sont offertes. Ici, quelqu’un qui pose ce geste réfléchi est considéré au même titre que quelqu’un qui ne sait pas comment remplir le bulletin adéquatement (quoiqu’il soit permis de penser qu’une « inscription injurieuse » peut aussi témoigner d’un rejet du système politique, en plus d’être l’expression d’une forme d’impolitesse, mais bon). 

Vu sur les réseaux sociaux
 
La politique en images
Ottawa hausse le ton envers Hockey Canada

Les commanditaires quittent Hockey Canada l’un après l’autre en raison de la gestion critiquée d’allégations d’inconduites sexuelles visant des joueurs juniors. La ministre des Sports, Pascale St-Onge, de même que le premier ministre Justin Trudeau ont mis le maximum de pression cette semaine pour obtenir le départ des dirigeants. (Photo : Adrian Wyld  / La Presse Canadienne)

 
Le baromètre de Guillaume Bourgault-Côté

👍 En hausse : Il n’est jamais facile de calculer précisément le taux de « diversité » dans la composition des élus de l’Assemblée nationale. Selon la définition officielle canadienne de la notion de « minorité visible », il s’agit des « personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ». C’est donc un repère essentiellement visuel, qui ne tient pas compte du parcours de ladite personne. Mais en intégrant Kateri Champagne Jourdain, première femme autochtone élue dans l’histoire du Québec, on arrive à une vingtaine de députés élus lundi qui sont issus des minorités visibles, soit environ 16 % de l’ensemble. C’est là un chiffre en juste reflet de la situation au Québec, alors qu’un peu plus de 15 % de la population s’identifiait (en 2016) comme minorité visible ou comme Autochtone. La parité hommes-femmes est certes importante en politique, mais la vraie représentativité englobe d’autres éléments comme celui-là.  

👎 En baisse : On cherche un peu le sens de l’entrevue accordée par Caroline St-Hilaire à La Tribune au lendemain de sa défaite dans Sherbrooke. La candidate caquiste, ex-mairesse de Longueuil, révèle : « Pendant cette campagne, j’ai appris notamment que j’aime profondément Sherbrooke. On m’a reproché d’être une parachutée, mais je pense qu’il n’y a pas un Sherbrookois qui aime plus Sherbrooke que moi. » On dira ici qu’il est préférable d’aimer sa circonscription « avant » le déclenchement de la campagne, mais surtout qu’il est un peu présomptueux de soutenir que nous pouvons l’aimer « plus » que n’importe quel citoyen qui y habite depuis plus longtemps que nous (d’autant plus qu’elle n’y habite pas). De même, son constat selon lequel Sherbrooke serait « profondément divisée » en raison du vote étudiant rappelle qu’il est rarement payant de cibler un groupe pour les résultats d’une élection — comme si ce vote était moins légitime, ou plus diviseur, que n’importe quel autre vote. 

Dans le calepin de Guillaume
Le défi du conseil

On entend beaucoup dire que François Legault et sa garde rapprochée ont « tout un casse-tête » sur la table de travail parce qu’ils doivent former un Conseil des ministres d’environ 26 personnes (c’était la taille du dernier Conseil, rien n’interdit de la gonfler un peu) alors qu’ils ont 90 élus au total. Enlevons M. Legault et le nom de celui ou celle qui dirigera les travaux de l’Assemblée nationale, cela laisse 88 candidats. C’est beaucoup, et l’exercice est assurément difficile. En même temps, avoir trop de candidats de choix relève vraiment de la catégorie « problèmes de riches ». 

Le dossier est tout de même particulier cette année parce que tous les ministres qui se représentaient ont été réélus. Tous espèrent certainement retrouver leur place, même si ce sera impossible (et que ce ne serait pas nécessairement souhaitable). Il faut aussi penser à ceux qui étaient dans l’ombre lors du premier mandat — Joëlle Boutin, par exemple — et qui pourraient mériter une promotion. Mais surtout, il y a ce cortège de nouveaux élus, 27 au total, dont plusieurs « ministrables » (et dans le lot, nombre de femmes, dont Martine Biron, Suzanne Roy, Sonia Bélanger, Céline Haytayan, Kateri Champagne Jourdain, Audrey Bogemans, Amélie Dionne, Maïté Blanchette Vézina…).

Il y aura donc une portion « continuons » dans le futur Conseil des ministres ainsi que de nouveaux visages de la cohorte 2022. On verra les détails. Mais gardons en tête ceci au moment de faire des prédictions : François Legault ne fera pas ses choix en fonction de l’expertise précise d’une personne dans un domaine, mais plutôt en fonction des capacités de gestion et de communication des candidats (en plus de leur provenance géographique). C’est la logique qui fait que le gestionnaire Christian Dubé était (et restera) ministre de la Santé, ou que Sonia LeBel, une avocate, était (et restera peut-être) présidente du Conseil du Trésor.