Aussi : Le PQ et l’équation du bonheur͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ 

L’actualité politique
3 novembre 2022

 

Bonsoir !

Si votre semaine a été difficile, consolez-vous en pensant à Dominique Anglade et aux libéraux, qui se sont embourbés dans une spirale à l’allure infernale — cela, moins d’un mois après les élections, et sans même avoir siégé un jour encore. 

Dans ce contexte, les militants libéraux auront peut-être envie de lire un texte du dossier principal du nouveau numéro du magazine : j’y parle d’optimisme en politique. Parce que tout n’est pas que chicanes quotidiennes dans cet univers où les élus ont le pouvoir de changer positivement les choses — mais où on retient davantage l’impression que tout va mal. 

Toujours sur la scène québécoise, Philippe J. Fournier décortique les résultats obtenus par le Parti québécois le 3 octobre et nous explique au passage l’équation du bonheur (réponse : c’est la réalité moins les attentes). La chronique de Chantal Hébert s’intéresse finalement au changement de paradigme dans le discours énergétique des libéraux fédéraux depuis le début du conflit en Ukraine — et surtout depuis l’arrivée de Pierre Poilievre à la tête des conservateurs. 

Bonne lecture !

Guillaume Bourgault-Côté, chef du bureau politique 

Dossier optimisme
Guillaume Bourgault-Côté

À écouter les élus s’accuser mutuellement de négliger des pans de la société, voire de vouloir détruire le Québec, on peut conclure que tout va mal. Pourquoi les mines sombres semblent-elles de mise dans nos Parlements ?

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Élections Québec 2022
Philippe J. Fournier

Comme le Canadien par rapport à la coupe Stanley, le Parti québécois est très loin des portes du pouvoir, même qu’il n’en a jamais été si éloigné. Et pourtant, l’optimisme règne. Que s’est-il passé le 3 octobre dernier ?

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Politique fédérale
Chantal Hébert

Le gouvernement Trudeau fait face à une opposition ragaillardie qui le force à se repositionner sur des cases qui ne lui sont pas naturelles.

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Le chiffre du jour
500 000

Mesurons l’écart : en 2014, l’année précédant l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, le Canada a établi un record en accueillant 260 000 immigrants. En 2025, selon les nouvelles cibles d’immigration dévoilées mardi par le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, ils seront 500 000 nouveaux résidents permanents à s’installer au Canada (un autre record, évidemment). En une décennie, le Canada a donc presque doublé ses cibles d’immigration. Le Québec visant pour sa part 50 000 immigrants par année, on comprend que son poids démographique à l’intérieur du Canada va continuer de diminuer au cours des prochaines années — c’est l’une des grandes considérations de ce dossier, l’autre étant la question de l’avenir du français. Façon de dire que si on a beaucoup parlé d’immigration durant la dernière campagne électorale, ce n’était probablement encore qu’un début… 

Vu sur les réseaux sociaux
 
La politique en images
Récession sur l’écran radar
 
Le baromètre de Guillaume Bourgault-Côté

👍 En hausse : Pour un sujet qui n’est pas exactement de la première importance, les aventures du serment au roi arrivent à maintenir le suspense — bravo aux protagonistes, on n’en attendait pas tant ! Dans l’épisode de cette semaine, le président sortant de l’Assemblée nationale, François Paradis (qui demeure en poste jusqu’à la nomination du prochain titulaire), surgit avec une « décision de la présidence » qui dit : pas de serment au roi, pas de siège à l’Assemblée nationale. Et « la sergente d’armes sera légitimée [d’]expulser » quiconque voudrait forcer le jeu, écrit-il dans cet avis officiel. Le Parti québécois n’a pas apprécié le fait que le président Paradis s’immisce dans ce débat, et promet de se « tenir debout ». Du côté gouvernemental, on réitère la volonté de déposer « rapidement » un projet de loi pour en finir avec le serment — l’argument a convaincu Québec solidaire de modifier son approche. « Quand on veut changer les règles du jeu, on ne peut pas s’en remettre aux autres. Il faut le faire soi-même », a soutenu Gabriel Nadeau-Dubois, qui prêtera donc serment. Le débat se réduit maintenant à une question : les députés péquistes regarderont-ils depuis les tribunes du public les autres élus se débarrasser du serment, ou en seront-ils partie prenante ? Suspense, et à suivre. 

👎 En baisse : Existe-t-il encore une voie de passage pour que Dominique Anglade conserve son poste de cheffe du Parti libéral du Québec ? Si oui, il serait temps que ceux qui la soutiennent se manifestent, parce qu’on ne les entend pas du tout depuis que « l’affaire Nichols » (une saga impliquant une députée déçue de ce que sa cheffe lui proposait comme tâche) a éclaté. Où sont notamment les officiers du parti — le président du caucus, le leader parlementaire, la whip — qui ont, paraît-il, été à l’origine de la décision d’exclure Marie-Claude Nichols (et qui ont été choisis par Dominique Anglade) ? Silence. Mais au contraire, on entend très fortement les opposants de Dominique Anglade — qui semblent assez nombreux, merci. À bien des égards, le PLQ 2022 ressemble ainsi au Parti québécois d’il y a quelques années : du grenouillage interne ; des présidents d’association de circonscription qui laissent filtrer le contenu des réunions ; d’anciens députés qui s’expriment sur tout… Un joyeux bordel, en somme. Beaucoup prédisent que Dominique Anglade ne sera plus en poste à l’ouverture de la session parlementaire, le 29 novembre. La balle est dans son camp… si elle en a encore un.

Dans le calepin de Guillaume
« Nonobstant » ou non, là est la question

Le débat sur l’utilisation de la disposition de dérogation (communément appelée « clause nonobstant ») par des provinces canadiennes est passé à un autre niveau cette semaine. 

La décision du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, de recourir de façon préventive à cette disposition pour protéger un projet de loi qui empêcherait une grève du personnel de soutien dans les écoles ontariennes a fait vivement réagir le premier ministre Trudeau. Ce dernier estime qu’une province « ne devrait jamais utiliser la clause dérogatoire pour limiter les droits des travailleurs ». 

Mais le dossier remet plus largement en lumière le rôle de la disposition de dérogation, que les provinces avaient exigée du gouvernement Trudeau père en échange du rapatriement de la Constitution et de l’inclusion de la Charte des droits et libertés, en 1981-1982. Cette disposition permet aux Parlements de contourner ou de supplanter temporairement certains droits de la Charte. Or, 40 ans plus tard, le gouvernement fédéral donne l’impression qu’aucun enjeu ne peut justifier qu’une province y ait recours…

Ce n’est pas le cas. Il y a d’ailleurs au Québec un long historique de son utilisation. En 2016, une étude de l’Université de Sherbrooke calculait que 41 lois québécoises avaient invoqué la disposition de dérogation depuis 1982 (on peut ajouter les lois 21 et 96 depuis). Les trois quarts de ces lois concernaient l’identité nationale ou le progrès social, notait l’étude. Cela dit, il serait probablement sain que la Cour suprême précise un peu les limites (s’il y en a) d’utilisation de la « clause nonobstant » : les dernières balises posées datent de 1988, et elles sont très larges.