Aussi : Mémorandum à Yves-François Blanchet͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ 

L’actualité politique
20 octobre 2022

 

Bonsoir !

C’est tout nouveau, tout chaud : un conseil des ministres pour le deuxième gouvernement Legault. La cérémonie d’assermentation du nouveau groupe s’est tenue cet après-midi, et je vous en parle — tout aussi à chaud — dans le baromètre et le calepin. 

Cette étape franchie, il faudra maintenant patienter jusqu’au 29 novembre avant que les travaux de l’Assemblée nationale ne reprennent. Une longue période de flottement qui, depuis la soirée électorale, garde pas mal tout le milieu politique sur le qui-vive, remarque Dominic Vallières dans un texte qui explique comment se vit à l’interne cette attente postélectorale. 

On vous propose en outre un doublé de textes de notre collaborateur Yan Plante, qui poursuit et termine sa série de mémorandums adressés aux chefs des partis fédéraux, suivant l’élection de Pierre Poilievre comme chef du Parti conservateur du Canada. Cette semaine : Yves-François Blanchet et Jagmeet Singh — pour qui l’avenir paraît passablement compliqué… 

Bonne lecture !

Guillaume Bourgault-Côté, chef du bureau politique

Conseil des ministres
Dominic Vallières

Des centaines de personnes vivent depuis une vingtaine de jours dans l’angoisse des décisions de François Legault qui seront annoncées jeudi après-midi. Pour plusieurs d’entre eux, c’est leur avenir professionnel qui est en jeu. Témoignage de notre collaborateur, qui l’a vécu.

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Bloc québécois
Yan Plante

Avec l’arrivée de Pierre Poilievre à titre de chef conservateur et de l’opposition officielle, notre collaborateur reprend son chapeau d’ancien stratège politique et prépare un mémorandum pour chacun des quatre principaux chefs des partis politiques fédéraux. Cette semaine, Yves-François Blanchet.

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Nouveau Parti démocratique
Yan Plante

L’analyste Yan Plante se penche aussi sur les enjeux sur lesquels le chef du NPD Jagmeet Singh devrait — urgemment, à son avis — se concentrer, avant les prochaines élections fédérales.

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Le chiffre du jour
8 %

Le sondage Léger-Québecor dévoilé samedi contient une foule de renseignements intéressants pour comprendre ce qui a guidé le choix des électeurs le 3 octobre. Sur le plan des enjeux, c’est la question de la gestion de la pandémie qui les a le plus influencés dans leur vote (19 %), devant le coût de la vie (14 %) et l’environnement (11 %). On y apprend que près des deux tiers des électeurs avaient fait leur choix avant même le déclenchement de la campagne (45 %), ou l’ont fait au tout début de cette période (18 %). On constate aussi que près de 40 % des électeurs du Parti québécois ont pris leur décision soit dans la dernière semaine, la dernière fin de semaine, ou même dans l’isoloir — façon de dire que si Paul St-Pierre Plamondon a bien sauvé quelques meubles, ce fut à l’arraché. Parlant de l’isoloir, on note surtout qu’au total, près d’un répondant sur dix (8 %) a indiqué avoir fait son choix le crayon à la main, caché derrière le paravent de carton… Si l’on transpose ces résultats dans la vraie vie, cela veut dire que des centaines de milliers de Québécois ont décidé à la toute dernière seconde où mettre un X sur le bulletin de vote qu’ils venaient de recevoir.

Vu sur les réseaux sociaux
 
La politique en images
44 jours

Pendant que les élus au Québec débattent de la nécessité de prêter serment au roi Charles III, celui-ci fait face à une crise politique plus concrète au Royaume-Uni : la première ministre britannique, Liz Truss, a annoncé aujourd’hui sa démission… après seulement 44 jours au pouvoir. Celle qui a succédé à Boris Johnson aura eu un mandat très court et très mouvementé, et elle jette l’éponge alors qu’elle battait (déjà) des records d’impopularité. (Photo : Alberto Pezzali / AP / La Presse Canadienne)

 
Le baromètre de Guillaume Bourgault-Côté

👍 En hausse : Sur les 27 nouveaux élus de la Coalition avenir Québec, une vingtaine sont des femmes. Conséquemment, parmi les dix nouveaux ministres nommés mardi, huit sont aussi des femmes (ça ne donne pas un cabinet paritaire, cela dit, puisqu’il y a 14 femmes et 16 hommes). Notons donc l’arrivée de Christine Fréchette (Immigration, Francisation et Intégration) ; Pascale Déry (Enseignement supérieur) ; Martine Biron (Relations internationales et Francophonie, de même que Condition féminine) ; Sonia Bélanger (déléguée à la Santé et aux Aînés) ; Kateri Champagne-Jourdain (Emploi) ; France-Élaine Duranceau (Habitation) ; Maïté Blanchette-Vézina (Ressources naturelles et Forêts) et Suzanne Roy (Famille). Bernard Drainville (Éducation) et Christopher Skeete (délégué à l’Économie, et ministre responsable de la Lutte contre le racisme) sont les autres nouveaux visages du conseil des ministres. 

👎 En baisse : Des 26 ministres encore en poste à la fin de la dernière session parlementaire, trois ne se représentaient pas : Danielle McCann, Marguerite Blais et Nadine Girault. Tous les autres ministres ont été réélus le 3 octobre, ce qui impliquait que pour faire de la place à des nouveaux venus, il allait falloir sacrifier quelques joueurs moins méritants. Mais à ce jeu du non-rappel, il n’y a eu au final que peu de perdants. Seuls Lucie Lecours, qui était ministre déléguée à l’Économie (remplacée par Christopher Skeete) et Pierre Dufour (qui a eu un passage très difficile aux Forêts, à la Faune et aux Parcs — le ministère est scindé en deux désormais) perdent leurs postes. Nathalie Roy (Culture) n’a pas été rappelée, mais on sait qu’elle vise la présidence de l’Assemblée nationale. Certains perdent toutefois en galon, à commencer par Jean Boulet. Ses propos chargés sur les immigrants qui ne travaillent pas et ne parlent pas français lui auront coûté cher : il avait l’Immigration, de même que le Travail, l’Emploi et la Solidarité sociale ; ne reste plus pour lui que le Travail. Simon Jolin-Barrette, qui était l’homme de tous les dossiers durant le premier mandant (il avait la Justice, la Langue française, de même que la responsabilité de la Laïcité et de la Réforme parlementaire en plus d’être leader parlementaire) conserve les deux plus gros morceaux (Justice et leader parlementaire), mais délaisse la Langue française et la Laïcité à Jean-François Roberge (qui était à l’Éducation). Dans le cas de M. Jolin-Barrette, ce n’est pas une démotion plus qu’un rééquilibrage des tâches : il a livré les projets de loi, à d’autres de poursuivre le travail. Chantal Rouleau perd la responsabilité de la Métropole, mais devient responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire.

Dans le calepin de Guillaume
Quelques messages dans le conseil…

Au-delà de qui fera quoi, il y a dans la composition — et la construction — du conseil des ministres quelques messages qu’envoie François Legault. Voyons voir :

– L’arrivée de Geneviève Guilbault comme ministre des Transports (et de la Mobilité durable, notons-le !) fera certainement grincer des dents à l’hôtel de Ville de Québec. Grande défenderesse du projet de troisième lien, c’est aussi elle qui avait mené la charge contre le projet de tramway. Difficile d’y voir une main tendue à l’administration Marchand… Celle qui reste aussi vice-première ministre ne manquera pas de travail dans la région de Montréal non plus, avec les dossiers du prolongement de la ligne bleue, du REM de l’Est et de la réfection du tunnel Lafontaine qui tombent dans son assiette. 

– Le « super ministre » Pierre Fitzgibbon sera suivi de près par la p.-d. g. d’Hydro-Québec, Sophie Brochu. Le chouchou de François Legault (qui nous répète sans cesse que le « Québec est chanceux d’avoir Pierre Fitzgibbon », malgré les reproches qu’il accumule au bureau de la commissaire à l’éthique) demeure ministre de l’Économie, mais devient aussi ministre de l’Énergie. Il sera donc une sorte de ministre de la Transition énergétique et du Développement économique, et il faudra voir si la vision de Québec à cet égard n’entre pas en conflit direct avec celle de Sophie Brochu, qui a envoyé des signaux très clairs à l’effet qu’on ne peut attirer des entreprises ici sans se soucier de la « facture » énergétique qui vient avec. Aussi à surveiller : quelles seront les relations de M. Fitzgibbon avec Valérie Plante, puisqu’il sera aussi ministre responsable de Montréal ? La mairesse trouvera-t-elle en lui une oreille attentive non seulement pour les dossiers économiques, mais aussi pour les enjeux sociaux ?

– En règle générale, c’est un cabinet de la continuité qui a été présenté jeudi : les deux tiers des 30 postes (il y en avait 26 jusqu’ici) sont occupés par des ministres du gouvernement Legault 1.0. Et plusieurs ministres retrouvent essentiellement les mêmes fonctions : Éric Girard (Finances) ; Sonia LeBel (Conseil du Trésor — elle cède les Relations canadiennes à Jean-François Roberge) ; Christian Dubé (Santé) ; Pierre Fitzgibbon (Économie) ; Benoît Charette (Environnement) ; Andrée Laforest (Affaires municipales) ; Simon Jolin-Barrette (Justice) ; Caroline Proulx (Tourisme) ; Isabelle Charest (Sport), Lionel Carmant (Services sociaux) ; Éric Caire (Cybersécurité et Numérique) ; André Lamontagne (Agriculture) ; et Ian Lafrenière (Relations avec les Premières Nations et les Inuit) sont tous de retour dans leur ministère, à quelques variations près.

– La manière dont le premier ministre a choisi de regrouper ou de nommer certains ministères donne une indication de la vision du gouvernement par rapport à ces enjeux (il faudra voir comment ça se reflète concrètement, cela dit). Quelques exemples, outre l’Économie et l’Énergie ? Les Affaires autochtones deviennent les Relations avec les Premières Nations et les Inuit. Il y a un nouveau « ministère des Infrastructures » (Jonatan Julien). Les Ressources naturelles ne sont plus avec l’Énergie, mais avec les Forêts. Une ministre est maintenant responsable de l’Habitation, et une autre s’occupera de la Solidarité sociale et l’Action communautaire : dans les deux cas, c’est une manière de reconnaître l’importance de ces enjeux.