Aussi : Le PLQ a sauvé les meubles. Mais quels meubles ?͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ ͏‌ 

L’actualité politique
13 octobre 2022

 

Bonsoir !

Depuis quand les prestations de serment des députés nouvellement élus s’annoncent-elles palpitantes ? Depuis que les trois élus du Parti québécois ont promis de refuser de jurer loyauté au roi Charles III — et qu’on ne sait pas trop ce qui va se passer la semaine prochaine en ce sens. Le calepin aborde cet enjeu politico-monarchique.

Notre collaborateur André Pratte est par ailleurs de retour cette semaine avec une analyse qui invite le Parti libéral du Québec à un examen lucide de ses résultats catastrophiques du 3 octobre. Cette réflexion devrait s’ancrer dans les éléments fondamentaux de ce que dit la constitution du parti, avance-t-il. Extrait : « Il y a dans ces principes tout le nécessaire pour offrir aux Québécois la voie distincte, centriste et compétente qu’ils rechercheront après deux mandats caquistes. »

Sur la scène fédérale, Yan Plante poursuit sa série de « mémorandums » adressés à chacun des chefs de parti présents à Ottawa — c’est maintenant au tour de Pierre Poilievre. Ce dernier est d’ailleurs en filigrane d’un texte publié dans le numéro de novembre du magazine, où Hélène Buzzetti explore les raisons qui devraient inciter Justin Trudeau à rester en poste et à affronter le nouveau chef conservateur…

Bonne lecture !

Guillaume Bourgault-Côté, chef du bureau politique

Bilan post-électoral
André Pratte

Le Parti libéral du Québec doit retourner à ses racines s’il espère retrouver le chemin du pouvoir. Une analyse de l’ex-éditorialiste André Pratte.

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Parti conservateur du Canada
Yan Plante

Avec l’arrivée de Pierre Poilievre à titre de chef conservateur et de l’opposition officielle, notre collaborateur reprend son ancien chapeau de stratège politique et prépare un mémorandum pour chacun des quatre principaux chefs des partis politiques fédéraux. Cette semaine, le principal intéressé.

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Politique fédérale
Hélène Buzzetti

Tous les astres s’alignent pour un affrontement Trudeau-Poilievre et une bataille pour l’âme du Canada à la prochaine élection fédérale.

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Le chiffre du jour
8,68 %

Paul St-Pierre Plamondon aurait-il été élu dans Camille-Laurin si la candidate de Québec solidaire ne s’était pas retirée de la course quelques jours avant les élections (pour cause de vol de dépliants de son adversaire dans des boîtes aux lettres, rappelons-le) ? Impossible de savoir combien d’électeurs qui ont voté pour le Parti québécois dans Camille-Laurin le 3 octobre auraient voté différemment s’ils avaient pu choisir Québec solidaire. Impossible aussi de savoir combien d’électeurs avaient déjà coché le nom de la candidate solidaire lors du vote par anticipation — Élections Québec considère ces bulletins comme étant « rejetés ». Sauf qu’une analyse du nombre de bulletins rejetés montre justement que les électeurs solidaires étaient bien présents lors du vote par anticipation. À la grandeur de la province, le taux de bulletins rejetés a été de 1,35 % pour l’ensemble du processus électoral 2022. Dans Camille-Laurin, ce taux a plutôt été de… 8,68 %. En nombre absolu, on y a rejeté quatre fois plus de bulletins (2 728) que dans n’importe quelle autre circonscription au Québec. Au final, Paul St-Pierre Plamondon l’a emporté avec 11 959 votes, près de 2 800 votes devant son adversaire caquiste. 

Vu sur les réseaux sociaux
 
La politique en images
Début des audiences

C’est aujourd’hui que commençaient les travaux de la Commission sur l’état d’urgence (relativement à la loi invoquée par le gouvernement Trudeau lors de l’occupation des camionneurs à Ottawa l’hiver dernier). Au cours des six prochaines semaines, on pourra notamment y entendre Justin Trudeau et sept de ses ministres ainsi que des leaders du convoi, comme Tamara Lich que l’on voit à gauche, sur la photo. (Photo : Sean Kilpatrick  / La Presse Canadienne)

 
Le baromètre de Guillaume Bourgault-Côté

👍 En hausse : On présume que si Pierre Poilievre devient un jour premier ministre, la taille de son Cabinet n’aura pas la même ampleur que celle du cabinet fantôme qu’il a dévoilé mercredi : ce serait autrement un record — et cela coûterait passablement cher en frais afférents. Une cinquantaine de députés conservateurs sur les 118 membres du caucus ont ainsi été nommés « ministres du cabinet fantôme responsables » de tel ou tel dossier. C’est beaucoup de monde. Si l’on ajoute les « ministres associés du cabinet fantôme », on arrive à plus de 70 députés. Jamais un premier ministre n’a nommé plus de 40 ministres (ce record appartient à Brian Mulroney, en 1984). L’avantage d’un tel cabinet fantôme ? Chacun de ses membres pourra travailler son dossier en profondeur… et les ministres libéraux seront sur le qui-vive en attendant des questions qui pourront surgir d’un peu partout. Le désavantage ? Ceux qui n’ont pas été choisis pour faire partie de cette volumineuse équipe (comme Ed Fast et Michelle Rempel, deux ex-ministres de Stephen Harper) peuvent déjà tirer quelques conclusions pas nécessairement optimistes quant à leurs possibilités d’avancement au sein de l’entreprise… 

👎 En baisse : Stratégiquement, l’attitude des libéraux de Dominique Anglade dans le dossier de la reconnaissance de Québec solidaire et du Parti québécois à l’Assemblée nationale s’explique : la formation n’a pas avantage à jeter trop de lest avant même que ne débutent les négociations sur le statut que devraient avoir les deux partis, chacun n’ayant pas récolté les 20 % d’appuis ou les 12 députés nécessaires pour obtenir de facto le statut de groupe parlementaire (avec le temps de parole et les budgets qui lui sont associés). Après tout, ce que QS et le PQ gagneront enlèvera temps et argent au PLQ. Mais l’enjeu excède ici largement les considérations stratégiques : il y a deux partis qui ont chacun obtenu plus de votes que le PLQ le 3 octobre. Et il aurait été avisé de reconnaître d’emblée que la situation actuelle sert mal le choix exprimé par la population…

Dans le calepin de Guillaume
Le sens du serment

Reconnaissons que Paul St-Pierre Plamondon a mis en lumière une incohérence de toute première catégorie quant au sens des deux serments que doivent prononcer les élus pour pouvoir siéger à l’Assemblée nationale. 

Le premier est inscrit dans la Constitution de 1867 (article 128, annexe 5) : « Je déclare solennellement que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté [le roi Charles III] », mieux connu jusqu’à tout récemment sous son petit nom de prince Charles. Le deuxième serment a été ajouté en 1982 et est pour sa part inscrit dans la Loi sur l’Assemblée nationale (article 15) : « Je déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec. »

« À sa face même, c’est un conflit d’intérêts », a relevé le chef péquiste en réitérant qu’il refuserait de prononcer le serment royal. La contradiction ne saurait en effet être plus évidente : comment être loyal envers le peuple du Québec tout en l’étant envers un souverain britannique (et vice-versa) ? On ne prévoit pas de conflit imminent nécessitant de choisir à qui accorder sa loyauté, mais quand même : le peuple ou le roi ? Plus largement : quelle valeur a un serment royal qui est fait en se pinçant le nez ? Quelqu’un y croit ?